ἀποκάλυψις (5)
vous dites il n’y a pas le choix. aujourd’hui il n’y a pas le choix il n’y a plus le choix. on peut faire quoi, d’autre ? hein ? vous dites par exemple avec la dette par exemple, hein. on ne peut pas dépenser plus que ce qu’on a, on est responsable, on est tous responsables. vous dites. de ça. on est tous responsables. de ça. vous dites de ça : quoi ? vous dites on ne peut pas faire autrement. il va bien falloir un jour. il va bien falloir, mais : quoi ? vous dites par exemple nous avons l’industrie nucléaire la plus sûre au monde, nous, nous avons l’industrie nucléaire la plus sûre au monde. oui. oui ? et puis quand bien même. quand bien même on aurait l’industrie nucléaire la plus sûre au monde. hein ? vous dites et puis quand bien même. et puis si nous n’avions pas l’industrie nucléaire la plus sûre au monde, par exemple, hein, si nous n’avions pas l’industrie nucléaire la plus sûre au monde. juste ça. comment on pourrait en sortir ? en sortir coûterait des milliards d’euros il y a des calculs qui ont été faits et en sortir coûterait beaucoup plus cher qu’y rester. y rester. et avec la dette. et c’est des emplois. il n’y a pas le choix. donc. on ne peut pas sortir du nucléaire par exemple. on ne peut pas sortir de la dette. on ne peut pas sortir donc. on est enfermés. vous dites nous sommes dans une époque où on est enfermés. on est bloqués. réfléchir à autre chose c’est impossible donc. réfléchir autrement c’est impossible. il y a le réel. et contre le réel, vous dites contre le réel il n’y a rien à faire on ne peut pas lutter. il y a le réel donc. le réel de la dette. le réel du nucléaire. le réel de l’enfermement. vous dites le réel de la peur. au quotidien. vous dites j’ai peur donc. du réel. vous riez mal, un rire raté. vous dites de la pensée unique. vous riez un rire raté. vous dites il faut lutter contre la pensée unique. vous riez un rire raté. vous dites qui disait ça, hein, qu’il faut lutter contre la pensée unique, hein ? vous riez un rire raté. vous dites j’ai peur mais presque je ne sais pas de quoi. vous dites j’ai peur peut-être de tout et même de moi. vous dites j’ai peur et je ne sais pas quoi faire. je ne sais pas quoi faire contre cette peur de tout, de moi, des autres, pour ne plus avoir peur, pour que les autres n’aient plus peur. vous dites je n’ai pas d’idée. vous dites je ne sais pas assez de choses. vous dites il faut avoir fait des études pour réfléchir. vous dites je n’ai pas fait assez d’études, sans doute je n’ai pas fait assez d’études. vous dites je lis des choses, je réfléchis (à) des choses, mais je ne suis pas dans la politique, les gens dans la politique eux ils savent. sans doute. sans doute ils savent. quelque chose. hein ? quoi ? le nucléaire est là et la dette est là et tout est là comme un mur et on va prendre le mur en pleine gueule oui le mur en pleine gueule et voilà, donc. vous dites c’est bien. vous riez un rire raté. vous dites on va prendre le mur. vous dites c’est presque excitant affolant fou de voir le mur et de ne rien pouvoir faire. vous dites je vais prendre le mur et même en sachant que je vais prendre le mur je ne fais rien je ne sais rien faire, contre ce mur. on m’a tellement dit que je ne savais rien. vous dites je ne sais rien. vous dites même je ne fais rien alors même que si le mur approche si le mur arrive si le mur me frôle je pourrais tout oser tout tenter au moins tenter d’être moi une seule fois une vraie fois être moi totalement librement être. vous dites quand on sait qu’on va mourir forcément on fait des choses, non ? hein ? on lutte contre ou on jouit jusqu’au bout. hein ? vous dites pourquoi je ne le fais pas ? pourquoi dans cette fin du monde je ne fais rien ? vous dites je ferais quoi ? vous dites contre la dette je ne sais pas quoi dire. je n’ai pas fait assez d’études pour comprendre ce qu’on appelle les marchés, c’est quoi les marchés, c’est combien de gens qui décident pour moi, c’est combien d’ordinateurs qui s’amusent pour nous ? hein ? vous dites c’est tellement abstrait, les marchés. derrière les marchés il y a des gens, quelques centaines de gens, à peine quelques centaines de gens, combien hein ? combien ? qui décident de nous ? qui décident de la Grèce. qui décident du nucléaire. vous dites, remettre en cause le nucléaire par exemple aussi c’est rétrograde c’est naïf ridicule écologiste irréaliste. c’est inévident puisque c’est contre l’évidence. vous dites tout ce que je pense est inévident puisque c’est contre tout ce qu’on me dit ce que j’entends ce que je vois tout ce que je pense, est, inévident. There Is No Alternative disait l’autre, dites vous. je n’en peux plus de ce monde où il n’y a pas d’alternative, dites vous. même le fait, vous dites même le fait que cette grande salope devant dieu soit alzheimerisée au dernier degré ne suffit pas à me consoler de mon insuffisance à être pour, autre chose, quelque chose d’autre, n’importe quoi, vous criez n’importe quoi plutôt que ça.
